03 juillet 2006
Des mots, encore des mots, mais d'autres mots..
Je suis tombée sous le charme des mots désuets ou bizarres et peu usités et je m'acharne à les dénicher là où ils se cachent.. C'est un pur bonheur pour moi. Je vais bientôt les apprivoiser dans un texte que je vais leur dédier. Je tente de les faire revivre dans mon langage de tous les jours, et le monde autour de moi s'en amuse beaucoup. Je vous en offre quelques uns, répétez-les, ils sont drôles, insolites, joyeux et pleins de mystère !!!!!
GOURGANDINE.....GOUGNAFFIER....BILLEVESEE.....DEBAGOULER...GOUJATERIE.....CARABISTOUILLE...
...COQUECIGRUE....SAPERLIPOPETTE......SCROGNEUGNEU (injure préférée de mon grand-père)
POTRON-MINET... POLTRON
Si vous en découvrez au fond de vos tiroirs, faites partager !!!!!!
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28 mai 2006
L'inconnue dans le miroir
| Pour les écorchés de la vie, pour les victimes de secret de famille et plus spécialement pour Landrellec en lui souhaitant de trouver la paix intérieure, voici le texte que j'avais écrit il y a plusieurs années, au cours d'un atelier d'écriture, le sujet étant "Ma famille, qu'est-ce-que je peux en dire ?" :
Si l'écriture n'est pas une thérapie, elle permet de faire sortir de soi, ce qui fait mal. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise façon d'écrire, la seule chose qui doit nous guider, c'est la sincérité. Alors à vos feuilles blanches, et peut-être même, comme moi, à vos nuits blanches qui ne seront pas du temps perdu si elles vous font avancer....
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20:46 Publié dans Textes | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
05 février 2006
Les méandres de la vie
Juste comme ça, entre nous....
Parce que depuis plusieurs jours je n'ai pas alimenté (drôle terme quand on est au régime!!) mon blog, non pas que je vous oublie, mais parce que la vie impose ses obligations, et qu'il me faut parfois reporter à plus tard les petits plaisirs de la vie. Mais je suis toujours là, et je vous offre les premières lignes d'un de mes textes, qui parle de ma grand-mère, une femme merveilleuse, qui m'a appris plein de choses.... Aujourd'hui quand un choix s'impose à moi, je me tourne encore vers elle.
à Raymonde....
"Si nombreux que puissent être les méandres de la rivière, elle finira par se jeter à la mer…"
Il m’a fallu un certains nombres d’années pour percer le mystère des métaphores de ma grand-mère.
Les bouddhistes ont le Dalaï-lama, moi j’avais ma grand-mère. Petit bonze bien français, elle observait le monde, sans jamais quitter son fauteuil. Jamais un mot inutile ne sortait de sa bouche, elle distillait sa vérité. Enfant, j’étais toujours en attente des phrases rébus de ma grand-mère. Sitôt prononcés, j’emportais ces quelques mots, et me les répétais sans cesse dans ma chambre, à la recherche de leurs sens. Mes moments préférés étaient les réunions familiales, où chacun, adulte convaincu, le verbe haut et le ton très assuré, offrait sa version d’un évènement quelconque ou d’une situation vécue. Silencieuse, j’observais ma grand-mère. Les coudes posés sur les bras du fauteuil, ses mains étaient jointes à la hauteur de sa poitrine, ses paumes dessinant parfois un triangle imaginaire. De temps à autre, elle écartait puis repliait ses doigts comme un éventail se déplie et se replie, en se frôlant le menton de l’extrémité de ses majeurs. Ses vieilles mains ridées et décharnées se désunissaient parfois quelques instants, pour remettre en place le pan de son grand tablier bleu à carreaux, quand un petit pli venait perturber la perfection du tomber du tissu. Dans leurs joutes oratoires, tous avaient oublié la présence de ma grand-mère, au bout de la salle à manger ; elle, de son repaire, n’avait rien manqué de leur conversation. Elle profitait alors d’un moment de silence, alors que chacun avait abattu tous ses atouts et épuisé tous ses arguments, pour leur asséner, sur un ton très calme et très serein, comme la morale qui clôt les fables de Jean de la Fontaine : "le mensonge est un os que l’on jette aux autres mais qui vous étrangle" ou bien encore : "l’amphore garde toujours l’odeur du premier vin qu’elle a contenu". Ce moment-là était jubilatoire.
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